L’ivresse du geste
Pour Nutsy, peindre n’est pas produire. C’est décollage — un voyage intérieur sans carte ni destination que chaque toile recommence. Il peint sur tout ce qui l’inspire : toiles, disques vinyles, bois flottés ramassés sur les plages de Sète assemblés en sculptures. Chaque support devient territoire, chaque objet récupéré une nouvelle occasion de poème.
Mettre de la couleur sur des mots
Lecteur de poésie depuis l’enfance, Nutsy intègre au cœur de ses œuvres des textes lumineux — Rumi, Césaire, René Char, Maya Angelou — convaincु que la couleur peut transmuter les mots en présence, leur donner un pouvoir presque magique. Nourri par l’école sétoise et Pierre François, enrichi par quinze ans d’expatriation sur quatre continents, son travail porte en lui la lumière du Midi et la richesse d’un regard cosmopolite.
Les couleurs comme engagement
Sa peinture est délibérément lumineuse, joyeuse, positive — parce qu’il croit que c’est en semant des énergies positives qu’on initie des changements durables, en écho apaisé au vacarme du monde.
Il faut danser sur le volcan.

Nutsy
Nutsy est né à Sète en 1982, dans une ville qui lui a transmis dès l’enfance la lumière du Midi, le goût des couleurs vives et le souvenir des peintres qui ont fait de cette île singulière un territoire artistique à part entière. Mais il grandit nomade dans le sud de la France avant de partir construire une vie à l’international qui durera plus de quinze ans.
Quito d’abord, où il rencontre Elena Pasionaria Rodríguez qui deviendra l’une des premières à écrire sur son travail. Bogota, Kinshasa, Madrid, Bruxelles ensuite — autant de territoires qui élargissent son regard, nourrissent sa palette et renforcent sa conviction que l’art est une force universelle, capable de traverser les langues et les frontières. À Madrid, il consacre sa thèse de master à une question qui restera au cœur de sa démarche : L’Art peut-il changer le monde ?
De retour en France, il s’installe dans le Midi et reprend le chemin de l’atelier. Sa pratique cristallise autour du calligraffiti — discipline qui mêle la rigueur de la calligraphie à l’énergie libre du graffiti — et d’une conviction simple : que la couleur peut investir les mots d’un pouvoir poétique, presque magique. Il peint sur toile, sur disques vinyles, sur bois flottés ramassés sur les plages de Sète qu’il assemble en sculptures, sur tout ce qui l’inspire et lui résiste.
En août 2025, il présente sa première exposition solo d’envergure à la Chapelle des Pénitents de Sète — Couleur & calligraffiti poétique — qui accueille près de 2 000 visiteurs en dix jours. Le concept d’échange libre proposé aux visiteurs (troc, dîner, argent, moment partagé) donne à l’événement une dimension humaine et poétique qui dit, en acte, ce que sa peinture dit en couleurs.
